Récit d’une nuit blanche – épisode 1

Bonjour à tous,

Bienvenus dans cette saga des nuits blanches. J’ai beaucoup cherché pendant mes nuits sans sommeil des articles de gens qui traversaient les mêmes choses que moi et qui souffraient, pour que je me sente moins seule dans cette épreuve. Je n’ai pas vraiment été en mesure de trouver ce qui me convenait. Voilà pourquoi je vais retranscrire ici quelques récits écrits suite à des nuits atroces. Ces récits montrent que certains jours j’arrivais à gérer les choses à peu près convenablement, d’autres jours, nettement moins. Le premier récit concerne la nuit blanche du 20 au 21 avril 2015. J’ai alors uniquement ma petite fille, qui a environ un an. Il s’agit d’une nuit blanche que j’ai relativement bien supportée :

 » Tiens, cela faisait longtemps que je n’avais pas fait de nuit presque blanche. Mais en voici une, celle du 20 au 21 avril 2015. J’étais dans mon lit, heureusement plutôt très calme, mais j’ai senti les heures s’écouler les unes après les autres… Je me suis donc levée vers 2h. Inutile de rester au lit quand on est si réveillé, autant aller se regarder quelques épisodes d’une série. Et me voilà, avec ma tisane, et des gâteaux recouverts de beurre salé devant ma télé, avec mon casque sur les oreilles pour ne pas réveiller mes amours.
Et voilà que le premier épisode se termine. Allez, un second. Puis un troisième. Incroyable, toujours pas fatiguée. Je regarde s’écouler les minutes sur le micro-onde. C’est vraiment surprenant de constater que le temps passe si vite. Si seulement il pouvait passer aussi vite dans d’autres situations comme les files d’attente et les réunions avec des gens qu’on n’aiment pas…
Et voilà, il est 5 heures du matin. Mmmmh, ca va pas être facile de réfléchir aujourd’hui. Si encore je pouvais m’endormir de suite bien sûr. Ouf, après encore une petite demi-heure, je m’endors enfin.
Et là, je me réveille, en entendant ma poupée qui gazouille à l’autre bout de l’appartement. Voir son sourire résout tout, fort heureusement. Je m’approche de mon ami et manque de me vautrer. Et oui, ce n’est pas sans conséquence une nuit aussi courte, et voilà un premier effet kiss-cool : les vertiges. Il va me falloir un peu de temps pour pouvoir aller du canapé à la chaise sans tituber et me cogner. Ce n’est pas grave, j’ai l’habitude. Heureusement, ce matin, j’ai prévu de travailler de la maison. Cela me permet d’écrire ce petit pamphlet.
Ouf, j’ai froid. Ah oui, ca c’est le second effet kiss-cool. C’est fou ce qu’on oublie vite ces désagréments lorsque cela fait une bonne période qu’on dort à merveille. L’incapacité à réguler sa température corporelle. Il fait 20 degrés, et me voilà avec un pull moumoute digne des plus grands froids polaires. Et le troisième effet kiss-cool que je commence à ressentir, c’est ce fameux « masque de fatigue ». Je sais bien que dans la pub, il n’y a que deux effets kiss-cool. Mais le manque de sommeil amène une tripotée de gentils petits effets kiss-cool :)
Je disais donc, oui, ce fameux masque de fatigue. Je parle bien d’un « fameux » car si vous faites une mauvaise nuit, vous allez forcément le ressentir. C’est celui qui vous tire les traits vers le bas, vous met une tension sur les sinus, des poches lourdes comme des valises sous les yeux, vous appuie sur les yeux comme s’ils étaient devenus trop lourds pour vos orbites, et contribue fortement à vous empêcher physiquement de sourire. Oui, on sait que manquer de sommeil contribue à vous rendre plus triste, plus mélancolique, plus tourné vers le passé, moins ouvert aux autres, moins enclin à prendre de bonnes décisions, une incapacité à mettre un filtre sur vos émotions. Mais il y a aussi ces conséquences physiques qu’il ne faut pas négliger.
Mais j’ai de la chance, aujourd’hui, le moral va bien, je tiens le choc. C’est probablement la présence de mes deux bijoux qui fait cela. Allez, je vais me mettre à travailler un peu, ou du moins à avancer un peu en prenant des tâches qui ne demandent pas trop de cerveau.

Courage, vous n’êtes pas seuls, on est nombreux à passer des nuits atroces.
Si vous souhaitez réagir, nous faire partager l’une de vos nuits de souffrance, ces lignes ci-dessous sont à vous. Exprimez-vous, il faut que ça sorte. Ça sortira forcément un jour où l’autre, il vaut mieux que ce soit avec des mots dans les commentaires d’un blog. »

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A quelle catégorie de mauvais dormeur appartenez-vous ?

J’avais beaucoup d’articles prévus avant celui-ci, mais les circonstances chamboulent mon programme.

On est le 2 octobre 2016, et il est 4h52, et je ne dors pas. Il y a 4h, j’apprenais que mon père avait fait un AVC (Accident Vasculaire Cérébral) massif. Je me suis quand même couchée après une bonne douche chaude, mais je sais qu’il est totalement inutile d’essayer de dormir. Je vais écrire, ça m’évitera de trop pleurer.

J’ai donc envie de vous parler de « catégories de mauvais dormeur », et de l’importance de bien connaître et caractériser votre propre problème de sommeil.

Vous avez les gens qui :

  1. tombent comme des masses relativement tôt dans la soirée et qui, si ils ont le malheur de se réveiller, ne retrouvent pas le sommeil,
  2. ceux qui se s’endorment jamais, qui tergiversent ou s’angoissent tellement que cela passe outre la première phase d’endormissement. C’est mon cas,
  3. ceux qui se réveillent tout le temps, comme si leur nuit consistait davantage en une succession de micro-siestes plutôt qu’en une vraie nuit réparatrice,
  4. et certainement d’autres qui ne me viennent pas immédiatement à l’esprit… (n’hésitez pas à m’écrire à ce sujet.)

Voilà déjà un bon début. Cela vous permet de définir comment se passent généralement vos « mauvaises » nuits. Ensuite, il faut vous interroger sur le point de départ de votre insomnie. Quand tout cela a-t-il commencé ? Est-ce seulement transitoire, ou est-ce que cela s’est installé dans le temps ?

Certaines personnes perdent le sommeil suite à un choc, une perte, un traumatisme, ou encore une situation qui vient à l’encontre de vos valeurs. Si la cause de cette insomnie est traitée et que l’on fait un travail correct sur soi, l’insomnie peut se résoudre d’elle-même progressivement.

Mais il se peut que cette insomnie perdure. Origine du problème mal traité ou non pleinement identifié, les quelques nuits difficiles sont suivies par une réelle insomnie qui s’installe insidieusement dans la durée. C’est mon cas. On croit que cela va être passager, et puis non, cela perdure.

Lorsque l’insomnie est très installée, il faut réaliser que des mécanismes se mettent en place au niveau de votre cerveau qui font que dès que quelque chose ne va pas, c’est tout de suite votre sommeil qui en pâtit, comme le vecteur privilégié qu’à choisit votre cerveau pour vous dire : « hey, il y a un problème que tu dois résoudre ! ». Pour certains, une mauvaise nouvelle ou un choc engendrera des maux de tête, de ventre ou de dos. Pour ma part, c’est immédiatement le sommeil qui est atteint. Ces derniers temps, j’avais tendance à plutôt bien dormir mais la nouvelle de mon père, je perds mon sommeil. C’est un fait, il faut que je l’accepte comme une donnée supplémentaire du problème, une caractéristique de mon insomnie.

Ainsi, si vous voulez un jour trouver des pistes de solution à votre problème de sommeil, il est très important d’identifier le plus exactement possible le type de mauvais dormeur que vous êtes. Lorsque vous allez voir un spécialistes ou quelconques praticiens, il est très important de lui donner le plus d’éléments possibles pour caractériser votre sommeil. Voici une liste non exhaustive d’informations qu’il est intéressant de noter ; Notez suite à quoi vous dormez plus ou moins, même les détails les plus insignifiants ou farfelus comme :

  • le stress au travail (quantité d’appels téléphoniques, mails, personnes qui vous interrompent régulièrement votre concentration),
  • le cycle de lune (oui, oui ! Des personnes dorment très mal lors de la pleine lune !),
  • le cycle menstruel (pour les personnes concernéEs :) ),
  • ce que vous avez précisément mangé et bu DES LE MATIN, voire même sur 48h !, et précisez l’heure à laquelle vous l’avez consommé,
  • si vos jambes ont tendance à vous démanger, surtout en fin de journée,
  • si quand vous vous réveillez la nuit, vous avez l’impression d’être essoufflé,
  • si vous avez tendance à vous angoisser à la nuit tombée (« est-ce que je vais enfin trouver un sommeil réparateur cette nuit afin d’être en mesure de pouvoir remplir vos obligations du lendemain »…),
  • Si vous faites des crises d’angoisses, que vous pleurez la nuit,
  • Si vous prenez des médicaments (avec l’heure de la prise), ou si vous avez suivi des traitements lourds par le passé, pris régulièrement des antibiotiques…

N’hésitez pas à m’envoyer un email ou à écrire un commentaire ci-dessous afin de compléter ce texte.

Ensemble, on va y arriver…

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L’insomnie est un problème GRAVE

Lorsque l’on souffre d’insomnie, on a toujours tendance à se dire que ce n’est pas grave, qu’il y a pire, que cela va passer… On y accorde que peu d’importance. Aussi une manière de se voiler la face. Vous vous dites que untel de votre entourage souffre de tel grave problème de santé qui l’oblige à prendre quotidiennement des médicaments ou à multiplier les séjours à l’hôpital. Alors vous vous dites que vous n’avez QUE des problèmes de sommeil, que vous n’avez pas à vous plaindre.

Alors je vais vous raconter une anecdote : voilà environ 2 ou 3 ans, je suis arrivée à mon travail après une nuit blanche (pour moi, j’appelle nuit blanche moins de 2 heures de sommeil), et dans une période particulièrement difficile en terme de manque de sommeil. D’habitude, je me débrouille pour rester enfermée dans mon bureau, afin de ne pas avoir la moindre interaction avec mes semblables. Malheureusement, pour répondre à la demande d’un client, j’ai été dans l’obligation de traverser le laboratoire, et dans le couloir, je tombe sur Mireille. Elle me demande comment je vais, et là, sans que je m’y attende, je fonds en larme. Je me décompose littéralement devant cette collègue de boulot. Je lui explique que je suis JUSTE fatiguée, que je dors MAL, que cela VA PASSER. Et je lui présente mes excuses car j’ai honte de m’effondrer de la sorte alors qu’elle sort tout juste d’un cancer du sein. Et là, elle me répond quelque chose qui restera dans mon esprit jusqu’à la fin de mes jours : « Tu sais, tu ne devrais pas t’excuser. Moi j’ai eu un cancer du sein, et j’ai été soignée. Il existe des médicaments et des traitements pour cela, et même si cela ne marche pas à tous les coups, je vais bien mieux aujourd’hui. A part les effets secondaires du traitement, je n’ai pas souffert, et si tout va bien, je serai débarrassée à vie de ce problème. Alors que toi, tu n’as pas de solution… Je suis plus chanceuse que toi. »

Je pense très régulièrement à Mireille et à ses paroles. En effet, peu de maladies :

  • désarment autant les médecins,
  • durent plus de 15 ans (je parle dans mon cas),
  • impactent ma relation aux autres, mon travail, mon couple, mes enfants,
  • donnent des vertiges à se heurter aux murs, des nausées insupportables,
  • rend la conduite de ma voiture difficile, voire dangereuse,
  • font que je m’effondre en larmes sans raison apparente (y compris au travail),
  • me rendent agressive, tendue, et en même temps provoque une déprime permanente et une profonde lassitude de vivre

J’ai décidé que ce problème était suffisamment grave pour que je lui accorde TOUTE MON ATTENTION. Si vous aussi, vous avez tendance à minimiser votre problème de sommeil et à vous voiler la face quant à la gravité de ce que vous subissez, n’hésitez pas à m’écrire un email ou à laisser un commentaire. Courage, vous n’êtes pas seul !

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« Hyperconnectés : le cerveau en surcharge »

Arte, le samedi 3 septembre 2016 à 22h20 (52 min), diffuse l’émission « hyperconnectés : le cerveau en surcharge », dont voici un extrait :

«  »Des déluges de données qui nous submergent quotidiennement, et provoquent un stress sans précédent.
[Thierry Venin, Sociologue à l’Université de Pau et auteur d’un livre sur la survie dans la société numérique] : « On est stressé à la fois parce qu’il y a trop d’informations à traiter, que cette information arrive trop vite, sur un volume que de toutes façons, humainement on ne pourra pas traiter, donc on a toutes les conditions pour être dans un stress assez avancé. » Pour Thierry Venin, les techniques de l’information sont responsables de l’augmentation du stress au travail. Désormais, l’humanité créé autant d’informations en 2 jours, qu’elle ne l’a fait en 2 millions d’années. » »

Cette émission m’a beaucoup apportée car elle a mis des mots simples sur des choses que je ressentais et que j’avais aussi lues par ailleurs. En effet, lorsque nous nous levons le matin, nous nous levons en fait avec une certaine quantité de choses à pouvoir accomplir dans la journée, plus précisément avec un nombre limité de décisions que nous devrons prendre dans la journée. Voyez cela comme un gâteau ; à chaque fois que quelqu’un vous parle, que l’on vous pose une question, que vous devez prendre une décision, vous prenez une petite part de ce gâteau. Si vous effectuez une tâche, aussi simple qu’elle soit, et que en parallèle, votre téléphone sonne et que vous décidez de répondre, vous raccrochez et faites l’effort de vous replonger dans votre tâche, vous recevez un email, vous y prêtez une attention suffisante pour y répondre… Vous arrivez en fin de matinée, vous avez peut-être réussi à effectuer cette tâche simple, mais vous n’avez plus de gâteau. Vous êtes au milieu de votre journée et n’avez plus de part de gâteau à manger. Que se passe-t-il alors ? Et bien vous êtes obligés de prendre sur vous, en gros, de chercher des parts de gâteaux ailleurs, au détriment de votre bien-être. C’est cela qui génère le stress.

Si dès votre arrivée au bureau, vous aviez fait en sorte de ne pas être dérangé par des collègues, de ne prêter attention à votre téléphone et à vos emails qu’à partir de midi ou 11h par exemple, vous auriez été en mesure d’effectuer une tâche bien plus compliquée, en plus, vous auriez été nettement moins fatigués.

Cette émission est extrêmement éclairante sur ce point. Un chercheur en neurosciences, ancien polytechnicien, propose des exercices à des enfants, et montre à quel point la concentration des enfants diminue en présence de stimuli permanent. De même, l’émission montre un test de concentration d’une personne qui doit lire dans différents contextes, allant d’un lieu très calme et sans interaction jusqu’à un bord de route où le trafic est dense.

J’ai un poste très transversal, et comme j’aime écouter et aider les gens, j’étais perpétuellement coupée dans ma lancée. Avant mon congé maternité, j’avais compté que, en moyenne (je dis bien en moyenne), je n’arrivais pas à avoir plus de 10 min d’affilée sans être interrompue. Cela me produisait un stress permanent, car comme je suis perfectionniste, j’essayais d’être perpétuellement au maximum de mes capacités pour répondre au mieux à la personne (où au mail, où au téléphone…) qui vient de m’interrompre. Résultat, j’étais épuisée, et dès le milieu de matinée, je n’avais plus de « parts de gâteaux » allouées pour cette journée, et j’étais obligée de taper dans mes réserves, de prendre sur moi. De plus, mon travail en pâtit, car je n’étais pas en mesure de mener à terme des tâches, mêmes les plus simples, qui duraient plus de 2 heures.

Suite à cette émission, j’ai donc fait le test : je me fixais un objectif de travail sur environ une semaine, une tâche assez complexe. J’ai changé de bureau et me suis mise en face d’un « geek » (un informaticien, donc qui doit se concentrer sur son travail pour coder). J’ai mis en mode avion pour deux heures le matin mes téléphones perso et professionnel, et je n’ai pas ouvert ni mes emails professionnels, ni personnels.  La seule chose que je ne pouvais empêcher est la venue de mes collègues, et il faut avouer aussi que j’aime bien les aider et les écouter, donc je limitais les interactions à ces personnes. Et bien, premièrement, j’ai enfin pu avancer sur mon travail de manière conséquente, et… j’étais moins fatiguée. Nettement moins sur les nerfs, je m’emportais moins, j’avais accru ma capacité à prendre du recul. La soirée avançant, j’étais aussi beaucoup plus calme, et voilà une dizaine de jours que je dors bien mieux.

J’espère que cet article vous apportera une piste de bien-être. Si cela vous aide et que vous souhaitez réagir à ces lignes, n’hésitez pas à laisser un commentaire ci-dessous :) N’oubliez pas que moi aussi, j’ai beaucoup de choses à apprendre de vous.

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